Association Système Dys

Reconnue d'intérêt général depuis 2010

  • Ecole élémentaire FOURIO adaptée aux troubles de l'apprentissage DYS
  • Des cours de soutien de la 6ème à la terminale
  • Des Stages du CP à la terminale

Témoignage de Edith (Mère d'enfant dyslexique)

Ma fille Cindy est la troisième fille de notre famille "dyslexique". C'est elle qui a le degré le plus important de ce trouble de cet "handicap" qui ne saute pas aux yeux. Voici son parcours scolaire :

Maternelle :
La première année de maternelle la maîtresse m'a demandé si Cindy entendait bien, car elle ne disait pas un mot à l'école. Or Cindy parlait à la maison mais j'étais la seule à la comprendre.

Elle a été suivie par un premier orthophoniste dans un centre PMS pour ce problème de « dysphonie/dysphasie » probablement « passager » et je l'ai inscrite au théâtre et à la gymnastique.
La dernière année de maternelle, la maîtresse a demandé que Cindy voit un psychologue car elle était hyperactive et ne finissait jamais ses exercices. La psychologue a trouvé que Cindy avait une éducation trop laxiste, que je n'étais pas assez sévère, que je la laissais trop faire.
Pourtant, Cindy ne posait aucun problème à la maison petite fille gentille, douce, obéissante.

CP :
Curieusement l'apprentissage de la lecture s'est plutôt bien passé grâce à la méthode de Mme Borel-Maisonny, méthode phonétique et gestuelle associé à un gros travail de répétition à la maison.

CE1, le CE2 et le CM1 :
Elle suit correctement grâce à la volonté des maîtresses et toujours un travail acharné : deux à trois heures de travail le soir, levée à 6h- 6h 30 pour une révision mais la petite était heureuse parce qu'elle avait des résultats.

CM2 :
L'instituteur a une pédagogie différente : pas de structure pour les cours, pas d'encadrement, pas ou peu de devoirs à la maison.

Le cahier de texte reste vierge et les camarades trop souvent sollicités ne veulent plus lui donner de renseignements sur les devoirs à faire.
Cindy est montrée du doigt par tout le monde. Dans la cours de récréation, elle devient "Cindouille, l'Andouille" et j'en passe.
Sur ses cahiers, Elle écrit la date et laisse la page blanche.
Le maître est persuadé que c'est un problème psychologique, relationnel avec la mère et ne veut pas que je la fasse travailler.
Cindy rentre en grande souffrance : anorexie, amaigrissement, nausées, vertiges.
Je dois lui faire quitter l'établissement en cours d'année.

Après un repos complet de 10 à 15 jours à la maison ou elle n'a fait que dormir, un ami directeur d'école me la reprend pour finir l'année ; il arrive à la refaire écrire et son passage en 6ème est accepté.
Cependant, ne voyant pas cette enfant capable de suivre le rythme du collège et la pluridisciplinarité, (doc1) je l'inscris en Belgique, dans une école spécialisée pour enfants dyslexiques.

Belgique, école spécialisée type 8 :
Cindy reconnue dans sa différence va tout de suite mieux. Sa dépression disparaît comme par enchantement. Elle souffre de l'éloignement, mais elle se sent bien. Elle consolide ses bases. Son écriture s'améliore.

Mais il faut revenir en France car il n'y a pas de structures spécialisées dans le secondaire.

Collège :
Un contrat est signé avec le principal du collège et le médecin scolaire (PAI) pour que les professeurs posent un autre regard sur cette fille qui réussit bien à l'oral, qui participe bien mais dont les résultats écrits ne sont pas à la hauteur.

Les adaptations acceptées sont bien minimes, le tiers temps difficile à mettre en place mais Cindy est suivie tous les soirs par des répétiteurs instruits au problème de la dyslexie et elle va poursuivre son chemin jusqu'au brevet des collèges qu'elle réussit.

Lycée :
Toujours très difficile, toujours peu de moyens offerts par le système scolaire traditionnel malgré la bonne volonté des professeurs et des responsables administratifs.(doc2)

Voilà le parcours chaotique de ma fille qui a changé 4 fois d'orthophoniste, a été suivie par un pédopsychiatre qui disait que c'était la faute de la mère.

Un QI tout à fait normal voire même un peu au-dessus de la moyenne. Ce QI normal confortait le diagnostic de psychopathie d'autant que je faisais une dépression réactionnelle. C‘était l'année du CM2 et je ne m'en suis pas encore complètement remise. J'oubliais de dire qu'elle a vu, à l'âge de 6 ans, un neuropsychiatre « un peu farfelu » qui a voulu la guérir en trois séances.
Le temps de comprendre ce qu'était vraiment la dyslexie et de pouvoir aider efficacement Cindy, ma fille avait déjà 10 ans. Heureusement qu'instinctivement j'ai eu les bons réflexes et qu'elle a bénéficié d'un bon départ au primaire, sinon elle serait peut-être dans une institution psychiatrique...

Cindy est une enfant normale seulement différente comme 10% environ, parait-il, des enfants. Elle présente un syndrome dyslexique avec dyslexie mixte prédominante et dyscalculie.

Actuellement, c'est bien sûr la dysorthographie qui domine et la dyscalculie de base Elle est en première S grâce à ses aptitudes logico-mathématiques. Elle manipule mieux les grosses formules que les tables de multiplication. Ses aptitudes graphiques la conduiront peut être vers un métier artistique comme elle le souhaite.

13/10/2018 Conférences, fête nationale des DYS

Entrée libre

Conférences:
18H Rôle de la mémoire dans l'apprentissage de la lecture et de la dyslexie

19H Pourquoi un enseignement différent pour les enfants DYS

Avec:
Mélanie JUCLA, Maître de conférences à l'université Jean Jaurès
Docteur Michel FOURIO, Président de l'association Système Dys
Caroline DELATTRE, Directrice d'école

REPAS sur réservation au 06.66.66.44.29
12 € adulte
8€ enfant
Possibilité de venir avec son repas

Animations pour les enfants avec un spectacle de jonglerie et de sculptures de ballons durant le repas.

Lieu: salle des fêtes de Launac 31330
30 km au nord de Toulouse

10/10 Journée nationale des DYS : des livres spécialement conçus pour les enfants dyslexiques.

Les éditions Belin ont créé une collection de livres adaptée pour les enfants dyslexiques. L’association Système Dys a participé avec les enseignants chercheurs de l’université Jean-Jaurès, à l’élaboration de la chartre linguistique de la collection Colibri afin de facilité la lecture des Dys.

C’est le choix de la rédaction de RMC.

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/journee-de-la-dyslexie-des-livres-specialement-concus-pour-les-enfants-dyslexiques-1107755.html

Témoignage de Alexandra PEYREBRE (maman d'Albin)

 Nous sommes plus que ravi de l'école Fourio. Notre fils entame sa seconde année de scolarité, il est rentré à l'école Fourio au CE2. Albin est dyslexique, avait vraiment du mal à lire, avait le niveau d un CP. Nous sentions que c'était une épreuve pour lui de lire et la vue d'un simple paragraphe de quelques lignes le terrorisait. Malgré les séances d'orthophonie et d'orthoptiste, les progrès étaient très lents avec parfois l'impression de régresser. Seules les personnes atteintes de troubles Dys peuvent comprendre l'acharnement et la volonté nécessaires ! 
Évoluer dans une école publique était compliqué, même ses amis se moquaient de lui. 
À l'école Fourio, l'enseignement  est  vraiment adapté : on les aide à trouver leur méthode d'apprentissage : auditive, chantée ...  Ils reprennent les bases  et insistent sur les points nécessaires.  Les élèves sont peu nombreux par classe et l'écoute très attentive des enseignants est très agréable. Nos enfants sont compris et très bien suivis !
Albin vient de rentrer au CM1 et vient de prendre goût à la lecture, il vient de commencer une petite collection. Quelle joie et que d'émotions ... il vient de nous dire : "finalement, c'est pas mal de lire ! "
Merci à l'école Fourio !

2018/10/04 Article dans

À L’ÉCOLE FOURIO, LES DYS REPRENNENT LE GOÛT D’APPRENDRE

L’école Fourio à Launac, près de Toulouse, est l’une des rares en France à être spécifiquement dédiée aux enfants atteints de troubles dys. Du CP au CM2, les élèves profitent pleinement de cette alternative qui leur offre la possibilité d’apprendre à leur rythme, dans un environnement adapté.

Ecole Fourio
®Franck Alix

Village de 1 500 habitants à une trentaine de kilomètres au Nord-Ouest de Toulouse, Launac possède la particularité d’avoir deux écoles primaires. L’une publique, au cœur du bourg, l’autre privée, 100 mètres plus loin, à la sortie de la commune. Créée en 2009 par l’association Système Dys, l’école Fourio accueille des enfants atteints de troubles dys. Seulement une dizaine d’établissements de ce genre existent en France. Mais à l’heure de la pause matinale, le brouhaha est le même partout. Dans le parc arboré de l’école Fourio qui fait office de cour de récréation, l’universelle partie de foot est stoppée par Noé, désigné pour sonner la cloche.

La quarantaine d’élèves se met en rang le long de la magnifique bâtisse. En entrant, ils troquent leurs chaussures contre des chaussons et se dirigent vers l’une des quatre classes, toutes identifiées par couleur et gérées pas des enseignants formés aux troubles dys. « Quand ils arrivent ici après avoir été diagnostiqués par des professionnels, les enfants passent un test pédagogique pour déterminer leur niveau et dans quel groupe ils commenceront l’année », précise Caroline Delattre, fondatrice et directrice de l’établissement. L’enseignante précède ses 10 élèves dans la classe bleue.

Chacun prend place derrière un pupitre individuel inclinable.Cette semaine, le matin, c’est… « Mathématiques ! » répondent en chœur les enfants. Au programme : une leçon sur les droites. À première vue, rien n’indique les troubles dont souffrent ces écoliers. Comme dans toute classe, il y a celui qui lève systématiquement le doigt, désespérant qu’on lui donne parole. Au fond, près de la fenêtre, il y a aussi celui qui se balance sur sa chaise, à priori plus concentré à faire rire ses camarades qu’à écouter. Sur son cahier, Mathéo enchaîne les exercices à toute vitesse et en redemande à chaque fois. Gabin, lui, traîne ses pantoufles jusqu’au tableau à la demande de la maîtresse. Malgré quelques approximations, ses réponses attestent d’une attention plus poussée qu’il n’y paraît.

« Un enfant dys fonctionne beaucoup par images »

La séquence se conclut par une chorégraphie. En rythme, la classe mime des parenthèses en arrondissant les bras, puis des ciseaux, afin de récapituler les différences entre droites, segments, et demi-droites. « Nous utilisons une méthode plurisensorielle, car un enfant dys fonctionne beaucoup par images. Le but est de rendre l’enseignement le plus concret possible », explique Caroline Delattre. Après la géométrie, place aux nombres. Les enfants chantent la suite des dizaines jusqu’à mille avant de se relayer au tableau pour se concentrer sur la famille des 70 qui, comme celle des 90, pose particulièrement problème aux dys.

Avec des effectifs réduits, l’école Fourio peut adapter le rythme de travail aux besoins de chaque enfant. Elle dispose aussi d’un matériel spécifique : ordinateurs pour les dyspraxiques, guides-doigt, objets à manipuler pour comprendre des notions abstraites comme les divisions… Les cours, eux, sont systématiquement illustrés avec des pictogrammes et disponibles en format mp3.

C’est en hommage à ses parents et à leur combat pour que leurs trois filles atteintes de troubles dys s’en sortent que Caroline Delattre a créé l’association Système Dys, qui propose également des stages et des cours de soutien jusqu’au bac. Devenue statisticienne tout en étant dyscalculique, l’enseignante a voulu offrir aux dys un environnement adapté. « Ces enfants sont tout aussi intelligents que les autres, ils n’ont juste pas la même logique », assure-telle.

« Ces enfants sont tout aussi intelligents que les autres, ils n’ont juste pas la même logique »

Ayant délibérément choisi le statut d’école privée hors contrat offrant ainsi plus de liberté pédagogique, l’école affiche un tarif de 350 euros par mois. Le programme est le même que celui de l’Éducation nationale et, pour rentrer en sixième, les élèves passent un examen de vérification des connaissances qu’ils obtiennent en grande majorité. « Un enfant dys peut tout à fait réussir sa scolarité dans les écoles classiques mais cela dépend de beaucoup de critères. Il faut sans cesse réexpliquer aux nouveaux professeurs, aux nouveaux auxiliaires de vie scolaire. Cela demande énormément d’énergie », développe Caroline Delattre.

En classe, la session matinale se termine par l’écriture des devoirs. Circulant librement, plusieurs élèves proposent spontanément leur aide à ceux qui ont plus de difficultés pour les noter sur leurs agendas. La maîtresse passe dans les rangs pour une dernière vérification. « Avant d’arriver ici, certains élèves avaient manifesté une vraie phobie de l’école. Cela peut parfois être très long mais ils finissent généralement par reprendre du plaisir à apprendre. Nous sommes une passerelle. »

par Nicolas Mathé

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